PARTIE II : LES TEMPS MODERNES

LES TEMPS MODERNES

 

 

 

« Les Temps Modernes » sortit en 1936, est le dernier film muet de Chaplin. Ce film est souvent perçu comme l'une des plus grande réussite cinématographique du célèbre cinéaste Il reste donc, l'un de ses films les plus populaires. Il n'intègre que quelques scènes dialoguées, l'essentiel du film restant muet; on l'appelle alors film sonore.

Charlie Chaplin commence la préparation de ce film en 1934, en l'imaginant comme son premier film parlant. Mais, finalement déçu du résultat, il décide de seulement y intégrer des effets sonores, afin de suivre les importantes progressions du cinéma à cette époque.

Il déclara à propos des progrès techniques dans le cinéma « Je donne six mois au parlant. Au maximum une année. Après ce sera terminé. » et ajouta même « Ajouter des paroles à l'un de mes films reviendrait à ajouter de la peinture à une statue ».

Aussi, Chaplin n'est pas seulement le réalisateur de cette œuvre, il en est aussi le scénariste, et le producteur. Il est également, l'acteur principal de sa production.

Dans ce film, il revêtit pour la dernière fois, le rôle de Charlot. Cette dernière apparition du fameux personnage au cinéma, est du au fait que selon Chaplin, '' Charlot ne peut être que muet ''.

Ce film est une satire sociale menée tambour battant, où Chaplin exprime sa rancœur contre la vie mécanisée et standardisée, mettant en scène le personnage de charlot luttant pour survivre dans le monde industrialisé.

De plus, il s'agit du premier film, ouvertement politique de Chaplin, dans lequel il apparaît comme une victime de la société, mais osant se moquer à l'occasion de ceux qui l'opprime.

Enfin, c'est le dernier film de Chaplin avant le début de la deuxième guerre mondiale, il dépassait le drame individuel et annonçait la tragédie sociale. Ce n'était plus la destinée d'un homme qui était en cause, mais le système social tout entier.

« Les temps modernes » se situe, en effet, dans le contexte de la crise des années trente. Suite au Krach Boursier de 1929, les États-unis, le pays le plus industrialisé et urbanisé de l'époque, sombrent dans une crise économique et sociale, rendant les conditions de vie des classes ouvrières quasi-insoutenables.

Aussi, pour se protéger de la faillite, les grands entrepreneurs, mettent en place l'organisation scientifique du travail. Notamment le Taylorisme, instauré par Taylor, qui à pour objectif de rendre le travail de l'ouvrier le plus performant possible, par exemple en rationalisant le travail par la division des taches, ou par la mise en place de travaux répétitifs afin d'éviter tous gestes inutiles. Ainsi que par le Fordisme, une adaptation de la pensée de Taylor par Ford, dans ces entreprises automobiles, ayant pour particularité la création du travail à la chaîne, une méthode de travail monotone et difficile, fortement méprisé par Chaplin. En effet, Charlie Chaplin déclare s'être inspiré des usines Ford à Détroit pour réaliser ce film. Mais comme il n'est ni Marx ni Lénine, son film ne peut être qu'un cri de révolte, aussi bien contre l'immense prison capitaliste que contre le lourd système « bolchevique » comme on l'appelait encore en 1936 aux États-Unis.

 

 

 

 

Avant de résumer l'histoire du film, nous le situons dans le contexte historique. Chaplin parcourt le monde pendant seize mois. De retour à New-York en 1932, il observe les conséquences sociales et économiques de la Grande Dépression de 1929, qui a laissé sept millions de personnes sans emploi en deux ans. Chaplin aborde des sujets comme le chômage et d'autres conséquences de l'anarchie capitaliste. Il montre un mécanisme inhumain de la production capitaliste. Aux États-Unis, Charlie Chaplin a été accusé d'être communiste, le film a été interdit en Allemagne.

 

 

 

Tout d'abord, le film commence en nous présentant une foule d'hommes se ruant au travail. Ils ne devaient en aucun cas arriver en retard. Dans ces ateliers de travail, le temps est compté. Le patron surveille sans cesse ses ouvriers et ne leur laisse aucun moment de répit. Ceci représente le travail à la chaîne et ses dures conditions. Les ouvriers ne contestaient en rien leurs conditions de travail, car ils avaient peur de se retrouver à la rue, sans travail. Ils avaient peur du chômage qui les mettrai dans l'impossibilité de nourrir leur famille, etc. La production devait sans cesse être augmentée. C'est pour cela que chaque employé avait un tâche précise à accomplir chaque jour, et la moindre pause leur était fatale. C'est pourquoi les ouvriers n'avaient presque pas de temps pour déjeuner le midi. Un jour, certains commerciaux viennent dans l'usine où travaille Charlot, et présentent au patron ( grâce aux biais d'un tourne-disque car il ne lui parlent pas directement ), l'invention d'une nouvelle machine destinée à l'ouvrier. Celle-ci devait faire augmenter la production; mais contre toutes attentes, les mécanismes de cet appareil n'étaient pas encore au point. Nous entrons donc dans une scène comique où Charlot sert de cobaye à la machine. ( voir photo ci-dessus ) Les ouvriers mal menés et employés comme des machines. Cela aboutissait à des dépressions chez certains d'entre-eux. Charlot va en être victime. Il est donc renvoyé. Une fois à la rue, il se retrouve mêlé sans le vouloir, dans une manifestation contre le pouvoir mis en place ( voir photo ci-dessous ). Il se retrouve donc en prison sous l'accusation d'être un meneur communiste. Dans cette prison, il dénonce les problèmes qui s'y trouvent ( ex : conditions de vie ) et sauve inconsciemment des policiers. Il est donc relâché avec, en récompense, une lettre qui contient la gratitude de l'ordre publique lui permettant de retrouver du travail. Une fois dehors, il se trouve confronté à des troubles avec les chômeurs. Il rencontre ainsi Hannah, qui est une orpheline puisque son père a perdu son emploi et qu'il ne pouvait donc plus nourrir ses trois filles. La loi veut prendre en charge les orphelines mais Hannah résiste en s'échappant avec l'aide de Charlot. Une histoire d'amour va se construire entre ces deux personnages tout au long du film. Ils vont passer le reste de leur temps ensemble, Chaplin retrouvant un travail, Hannah s'occupant de leur modeste maison. Malgré que Charlot travaille, ils doivent encore lutter contre la précarité du monde dans lequel ils vivent.

 

 

 

 

Nous avons dans ce film, tout comme dans le précédemment analyser une des scènes clés du film. Véritable critique de la société moderne, nous pouvons constater à travers l'une des séquences les plus connues, comment Chaplin s'emploie à mettre en œuvre son sens critique à travers un comique populaire. La séquence que nous avons sélectionnée, se révèle être celle du travail à la chaîne ( voir photos ci-dessus ) , que l'on remarque très encadré. Des gestes répétitifs et pénibles sont parodiés par Chaplin mais il s'agit pourtant d'un problème sérieux. Charlot serre des boulons à longueur de journée, à une cadence si infernale qu'il en devient fou. Une scène d'anthologie, véritable métaphore de l'exploitation des ouvriers, montre Charlot littéralement dévoré par les énormes engrenages de la machine. C'est pour cela que nous associons les dangers du travail des ouvriers à la scène où Charlot tombe entre les rouleaux de la machine ( voir photo ci-dessous ). Pour transmettre toutes ces idées dans une simple scène, Chaplin fait une fois de plus appelle à ses grands talents d'acteurs. Il va largement user le registre satirique. En effet, il tourne en ridicule les excès du travail à la chaîne, allant jusqu'à mettre en scène les accidents de travail, et la folie liée à ce travail aux conditions insoutenables, pour remporte l'adhésion de son public, et ainsi transmettre son dégout pour ces méthodes de travail. Aussi , Chaplin utilise le procédé de l'hyperbole pour dénoncer la cadence du travail à la chaîne, le rendant tout de même incroyablement crédible. En effet, le film utilise des exagérations pour dénoncer les problèmes. De plus, comme c'est un cinéma sonore, sont utilisés des affiches avec des écritures pour permettre la communication entre les personnages. On en déduit, que Chaplin se sert de tous les moyens de communication à sa disposition pour faire diffuser son point de vue. Enfin, il utilise ses dons remarquables de mimes, représentant par la moindre grimace, le moindre geste, les diverses sensations, comme la difficultés, la souffrance ou la lassitude, éprouvées par les travailleurs. C'est une fois encore, grâce à divers procédés théâtrale que Chaplin donne vie à son film et ses idées.

 

 

 

 

<< Les temps modernes est bien est bien plus qu'une satire de la machine : c'est une vision plus subtile de ce monde moderne où l'homme, jouet de la machine dont il ne connaît qu'un rouage, de lois mystérieuses, de mouvements politiques dont il ignore la portée, sent le réel lui échapper et poursuit comme une chimère un rêve qui devrait être à sa portée. Ce sévère réquisitoire est exprimé par le chemin de l'art le plus accessible aux foules. Une comédie dont nous avions perdu la qualité qui s'appelle la pantomime, art véritable qui se passe de faux artifices et n'appartient qu'aux grands artistes.>>

 

Critique du Figaro, le 12 février 1936

 

 

En conclusion Chaplin réalise une nouvelle fois l'exploit de liées sa passion du cinéma et ses idées. Une fois de plus, il utilise la caméra pour transmettre ses opinions personnelles, et dénoncer ce qui pour lui, est un tort dans le monde de son époque. Il va par l'utilisation de différents registres, le satirique, le comique bien évidemment, mais aussi le pathétique, notamment lors d'une scène où l'on peut voir une famille se séparer à cause des problèmes de chômage, critiquer les abus des nouvelles organisations du travail, la mentalité des grands entrepreneurs et des politiciens. Chaplin considère une fois de plus que le rire est une arme de dénonciation beaucoup plus redoutable que le cinéma parlant. Il transmet une véritable émotion et atteint son public par son formidable jeu d'acteur. Cependant, pour garder sa place de leader dans le monde du cinéma de cette époque, il intégra tout de même à son film divers éléments sonores.

« Les Temps modernes » est un film de transition vers le cinéma parlant que va rejoindre Charlie Chaplin avec son film suivant « Le Dicateur »

 

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